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La Collection Narration

Le Travail de l'auteur

Développer son imagination

Vous trouverez ici quelques pistes pour développer et stimuler votre imagination. Pour mémoire, nous distinguons l’imagination libre, qui sera abordée en premier lieu, de l’imagination contrainte, qui sera considérée ensuite et fonctionne, comme son nom l’indique, sur la base de contraintes définies.

L’imagination libre

Une histoire par jour

Si vous êtes décidé à travailler sérieusement, à faire de l’écriture votre activité professionnelle, alors vous gagnerez beaucoup à vous contraindre, chaque jour, à consacrer une vingtaine de minutes à la conception d’une nouvelle histoire.

Détendez-vous, avec ou sans stylo, à votre bureau, dans un bon fauteuil ou au cours de votre jogging, et laissez venir les idées sans les forcer. Mettez les éléments en place peu à peu, au gré de votre imagination, sans trop de contraintes. Tentez de construire l’embryon d’une histoire, c’est-à-dire un personnage ayant à faire quelque chose dans un contexte donné. Trouvez le début, le milieu et la fin de l’histoire, tentez d’en tirer une problématique, puis une morale, une démonstration.

Dans les premiers temps, vous pouvez vous aider :

Pratiqué avec sérieux pendant un an, cet exercice — qui pour l’anecdote fut imposé à Jean-Pierre Carrière par le réalisateur Luis Buñuel — portera ses fruits bien au-delà de vos espérances.

Du particulier au général

Pour travailler son inspiration naturelle, il est également possible de casser la belle règle dont je faisais l’éloge plus haut et qui s’appelait “Du général au particulier”. Ici, c’est le processus inverse qui va nous intéresser : nous allons partir du détail — du particulier — pour tenter d’aller au général.

En reprenant les exemples précédemment :

On peut faire tout cela et laisser tourner sa machine à inspiration. C’est un travail libérateur qui se rapproche de l’écriture automatique.

“On verra bien” doit rester le maitre-mot de cet exercice. On ne doit rien attendre, on doit simplement écrire ce qui se passe — s’il se passe quelque chose —, regarder ce qui se passe, laisser faire les personnages et les situations sans se montrer dirigiste. Le personnage veut se battre ? Laissez-le se battre. Le personnage veut laisser en plan son interlocuteur ? Laissez-le partir, et restez avec votre interlocuteur. Que fait-il ? Il appelle son père ? son patron ? Que lui dit-il ?

Entre autres choses, cet exercice permet de décomplexer l’imaginaire, de faire prendre conscience qu’il ne faut jamais rien exiger de l’imaginaire — votre meilleur coauteur —, qu’il faut apprendre à attendre, à écouter, à observer sans rien espérer en retour.

Cette façon de procéder sollicite directement l’inspiration naturelle, dans le sens où il n’y a pas de préalable, d’impératif déterminé au travail de l’imagination, si ce n’est la forme que doit incarner l’inspiration — qui peut être la recherche d’un dialogue, d’un plan, d’un détail vestimentaire.

Notre inconscient en sait
beaucoup plus long que nous.

Outre l’entrainement de l’imagination que cette technique favorise indiscutablement, elle part également de la certitude que notre inconscient, ce grand calculateur, en sait infiniment plus long que nous. Peut-être même connait-il l’histoire achevée alors que nous n’en sommes qu’à en poser les fondements. Il en sait plus long que nous sur ce que nous voulons réellement dire, ce que nous voulons réellement raconter.

Il est donc capital d’entretenir un dialogue confiant avec cet inconscient, notre imaginaire, et de l’écouter le plus souvent possible.

Entretenir de bons rapports avec son inconscient.

En développant votre écoute dans ce travail du particulier au général, vous libérerez votre intuition, votre instinct et votre imagination de façon positive. Vous donnerez à votre machine à inspiration l’occasion de s’épanouir en toute liberté.

Ce processus est d’autant plus profitable s’il est suivi d’un travail d’introspection. Il n’y a rien de plus formateur, après cette phase d’écoute, d’écriture libre, que de reprendre ce qui en est sorti et de se poser des questions telles que “Pourquoi telle idée m’a-t-elle traversé l’esprit ?”, “Quel rapport entretient-elle avec le film que je suis en train d’écrire ?”, “Que contient cette idée qui me semble tellement séduisant ?”, “Pourquoi ?”, “Qu’est-ce qui me touche dans cette idée ?”, “Qu’est-ce qui a pu m’y faire penser ?”, “Quel rapport entretient-elle avec ce que je suis ou ce que je pense ?”, etc.

Vous découvrirez que cette introspection vous révèle non seulement beaucoup sur votre projet, sur le lien que vous entretenez avec lui, mais aussi vous révélera qui vous êtes, quil auteur vous êtes.

Et à force de l’exécuter, les idées jailliront de plus en plus vite et de plus en plus nombreuses. Vous ouvrirez grand le péage de l’autoroute reliant votre conscience à votre inconscient. Votre imagination libre s’épanouira.

L’imagination contrainte

Pour ce qui est de l’imagination contrainte, nous voudrions commencer par dire qu’il est important de ne pas perdre de vue que l’artiste est sans cesse amené à l’utiliser. C’est l’imagination la plus usitée, car toute création impose rapidement ses propres contraintes.

Contraindre son imagination, c’est ce que l’auteur fait lorsqu’il se dit “Ici, il est impératif qu’il se passe tel évènement, il faut donc que je l’invente en sachant que mon personnage est comme ça, qu’il est telle heure, qu’il pleut dehors et que etc.” C’est ce que l’auteur fait lorsqu’il se dit “Je veux que mon roman soit ainsi, qu’il ait tel style, tel rythme, je veux qu’il ressemble à telle histoire, mais pas à telle autre, etc.”

C’est ce qu’il fait enfin lorsqu’il est confronté à un problème particulier, ou à une idée abstraite, une sensation d’imperfection, et qu’il doit nécessairement faire appel à son imagination pour lui fournir des solutions, des idées correspondant à son médium de création.

Cette contrainte s’exerce en général lorsque l’on travaille du général au particulier : “Je veux que mon personnage soit comme ça (général). Quel geste, quelle action (particulier) dois-je lui faire exécuter pour que le spectateur comprenne qu’il est ainsi ?”

Dans le travail d’écriture, cette imagination s’exercera d’elle-même. Il suffit donc d’écrire, de créer, pour la développer.

Néanmoins, on pourra s’entrainer à apprendre à poser le plus clairement possible le problème. Poser clairement le problème, c’est faire souvent la moitié du travail vers sa solution, vers l’idée.

Conclusion

Pour aboutir l’histoire rêvée grâce à une imagination suffisamment développée, il est donc important de renforcer son imagination libre tout comme son imagination contrainte.

Il est important de dompter son imagination pour qu’elle fournisse les réponses, les idées, les solutions attendues, mais on ne parviendra à dompter cette imagination sans la complexer, sans la rendre stérile et impuissante qu’en sachant, dans un premier temps, lui offrir la latitude dont elle a besoin pour se libérer et s’épanouir, et, dans un second temps, en lui insufflant cette confiance dont elle a besoin et qu’elle acquièrera par la qualité de votre écoute.

Quoiqu’il en soit, n’oubliez jamais que votre imagination est la coauteure dont vous ne pourrez jamais vous affranchir. Elle travaillera toujours avec vous. Sachez entretenir de bonnes et riches relations avec elle.

Votre imagination est votre meilleure coauteure.

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©2004-2016 Philippe Perret Toute reproduction interdite sans autorisation

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